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Atlas des Mythes 0/300
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Un jeune à la peau bleue avec une plume de paon dans les cheveux qui joue de la flûte parmi les vaches

avatar de VishnouMathura et Vrindavan · La tradition hindoue

Krishna

Kṛṣṇa, « le sombre », en sanskrit

pas du tout peur

Krishna est l’un des avatars les plus aimés de Vishnou. Il naquit en prison, parce qu’un roi méchant voulait l’éliminer, et son père le mit en sécurité de nuit à travers le fleuve Yamouna. Il grandit parmi les bergers de Vrindavan : c’était un enfant espiègle qui volait le beurre, et un garçon qui jouait de la flûte si bien que les vaches arrêtaient de manger pour l’écouter. Quand le dieu Indra envoya une pluie interminable sur le village, Krishna souleva la colline de Govardhan avec un doigt et la tint en l’air comme un parapluie pendant sept jours.

Le savais-tu ? à sa fête d’anniversaire, dans certaines villes, des équipes de garçons font des pyramides humaines pour casser une jarre de yaourt suspendue en hauteur, comme il le faisait enfant.

L’histoire

Il était une fois un roi qui avait peur d'un enfant qui n'était pas encore né.

Il s'appelait Kamsa et régnait à Mathura. Un jour, au mariage de sa sœur Devaki, une voix venue du ciel lui avait dit : « Le huitième fils de cette femme sera ta fin. » Dès ce moment, Kamsa n'avait plus dormi. Il enferma Devaki et son mari Vasudeva dans une prison, aux portes de fer et avec des gardes à chaque coin, et attendit.

Le huitième fils naquit à minuit, par une nuit d'orage.

Dehors, il pleuvait à verse. Le tonnerre secouait les murs. Dedans, dans la cellule, Devaki entendit un petit pleur et vit un nouveau-né sombre comme un nuage de pluie, aux yeux lumineux, qui souriait déjà. C'était Krishna, et on dit qu'il était Vishnou lui-même, venu sur la terre pour remettre de l'ordre.

À ce moment, tout changea. Les chaînes de Vasudeva se défirent d'elles-mêmes. Les portes de fer s'ouvrirent dans un soupir. Les gardes, un par un, s'endormirent là où ils se trouvaient, la tête appuyée sur leur lance.

« Emmène-moi », murmura l'enfant, ou du moins c'est ce qu'on raconte.

Vasudeva l'enveloppa dans un linge, le mit dans un panier, et le chargea sur sa tête. Il sortit de la prison. Le vent le poussait, la pluie le trempait, et devant lui, tout à coup, s'étendit le fleuve Yamuna, noir et gonflé comme il ne l'avait jamais vu.

Vasudeva ne s'arrêta pas. Il entra dans l'eau. L'eau lui arriva aux genoux, à la taille, à la poitrine, au cou. Derrière lui, à ce moment-là, un grand serpent se dressa du courant et ouvrit ses têtes au-dessus du panier, comme un parapluie, pour l'abriter de la pluie.

Le fleuve, quand il sentit l'enfant, se retira. L'eau s'ouvrit, et Vasudeva traversa à pied sec.

De l'autre côté, il y avait un village de bergers, Gokula. Dans la maison de Nanda et de Yashoda, une petite fille était née cette nuit-là même. Vasudeva posa son panier à côté de Yashoda, qui dormait, prit la petite et repartit en silence. Le lendemain matin, Yashoda se réveilla avec un enfant sombre dans les bras, et crut qu'il était le sien.

Et Krishna grandit ainsi, au milieu des vaches.

C'était l'enfant le plus espiègle du village, et tous les autres enfants le suivaient en file, comme une petite bande. Il volait le beurre. Non par faim, mais pour jouer. Il grimpait sur les étagères, montait sur les épaules de ses amis pour atteindre les pots suspendus, faisait tomber les cruches, et quand sa mère le surprenait, les mains dans le bol et le museau tout blanc, il la regardait avec de grands yeux si innocents que sa colère passait.

« C'est toi qui as mangé le beurre ? » lui demandait Yashoda.

« Non, maman. C'est le chat. »

« Le chat n'a pas des mains aussi petites. »

Un jour, ses amis coururent vers elle : « Krishna a mangé de la terre ! » Yashoda l'attrapa. « Ouvre la bouche ! » Il l'ouvrit. Et elle, dans cette petite bouche d'enfant, vit le ciel, les étoiles, les fleuves, les montagnes, tous les êtres vivants, et même elle-même qui regardait à l'intérieur. La tête lui tourna. Puis Krishna fit un sourire, et elle ne se souvint plus de rien.

Avec les années, il devint un garçon, et apprit à jouer de la flûte.

C'était un son que personne n'avait jamais entendu. Quand Krishna jouait, sur les rives du fleuve, les vaches cessaient de mâcher et levaient la tête. Les oiseaux s'arrêtaient sur les branches. Le fleuve ralentissait. Les bergers, qui travaillaient dans les champs, posaient leurs outils et s'asseyaient, même s'ils ne savaient pas pourquoi. Les femmes sortaient des maisons le fil encore à la main, et restaient immobiles sur le seuil à écouter.

Un automne, les bergers se préparèrent, comme chaque année, à faire des offrandes à Indra, le dieu de la pluie. Krishna, qui n'avait que sept ans, demanda : « Pourquoi ? »

« Parce que si nous ne l'honorons pas, il n'envoie pas la pluie. »

« Et la pluie, de qui la recevons-nous ? Des nuages. Et nos champs, et nos vaches, où mangent-ils ? Sur la colline de Govardhan. Faisons la fête pour elle. »

Les bergers regardèrent la colline. C'était vrai. Dans le doute, ils lui offrirent un banquet : des gâteaux, du lait, du riz, des fleurs. Krishna mangea avec eux.

Indra, dans le ciel, s'aperçut que personne ne lui apportait plus rien. Il se mit en fureur. Il rassembla tous les nuages qu'il avait, les plus noirs, et les lança sur le village.

Le ciel se ferma. Il se mit à pleuvoir comme il n'avait pas plu depuis des siècles, jour et nuit, de plus en plus fort. Les ruisseaux débordaient. Les champs disparaissaient sous l'eau. Les bergers couraient avec les vaches dans les bras, en hurlant, sans plus aucun endroit où aller.

« Krishna ! » crièrent-ils. « Aide-nous ! »

Krishna regarda la colline. Puis il tendit la main gauche. D'un seul doigt, le plus petit, il souleva la colline de Govardhan du sol et la tint haut sur sa tête, comme un parapluie.

« Venez tous », dit-il. « Il y a de la place pour chaque personne et pour chaque vache. »

Et ils vinrent. Les bergers, les femmes, les vieux, les enfants, les veaux, tous sous la montagne suspendue, à regarder la pluie qui battait sur le bord et ruisselait. Un jour passa. Deux, trois, quatre, cinq. Krishna était debout, le doigt levé, et souriait. Les plus petits, au bout d'un moment, s'endormirent. Le sixième jour, la pluie commença à ralentir. Le septième, la pluie cessa.

Indra comprit. Il descendit du ciel, s'inclina, demanda pardon. Et Krishna, sans rancune, lui sourit.

Puis il reposa la colline à sa place, avec délicatesse, comme on pose une tasse sur la table.

Les années passèrent. Krishna quitta le village, retourna à Mathura, et la prophétie qui avait ôté le sommeil à Kamsa se réalisa. Longtemps après, sur un champ de bataille, il parla à son ami Arjuna et lui dit des choses qui sont écrites dans la « Bhagavad Gita ».

Mais à Vrindavan, quand le vent agite l'herbe, les bergers disent qu'on entend encore une flûte dans la plaine.

Une tradition vivante, racontée avec respect : comment nous racontons les mythes.

Écoute / Lis aussi

  • Musique pour lire : Cinematic JourneyMusique épique de film, sans paroles, de Ciro Simone IrmiciSpotifyYouTube Music

Sources

  • « Bhagavata Purana », livre X
  • « Bhagavad-Gîtâ »
Ciro Simone Irmici

Qui est derrière

Ciro Simone Irmici

Je construis des sites web, des applications et des jeux. L’Atlas, je l’ai construit avec l’intelligence artificielle et je vérifie moi-même chaque fiche et chaque source. Je ne suis pas un spécialiste de mythologie : je raconte les légendes avec respect et je dis toujours d’où elles viennent. Si tu connais une légende de ton village, écris-moi.

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